Les marchés financiers ont unanimement salué les mesures prises lors du sommet de la Zone Euro. Alors, sommes nous désormais sauvés ? Pour que chacun puisse se faire sa propre opinion, nous allons vous présenter synthétiquement les étapes du “plan de sauvetage” :
Première étape : La Grèce. Les responsables européens et les responsables des banques ont finalement réussi à s’accorder sur une décote de 50% sur la dette grecque (réduisant le ratio dette/PIB du pays de 160% à 120%). Cependant, le niveau soutenable à long terme devrait être de 90% de dette/PIB. En outre, la participation du secteur financier sera sur la base du volontariat, ce qui évite ainsi un défaut de paiement qui aurait pour conséquence une activation des CDS (ces fameuses primes d’assurance en cas de risque de non remboursement). Or, cette activation 200 serait désastreuse dans la mesure où nous ne savons pas qui porte le risque, et par là même, la défiance sur le mar- 180 ché interbancaire pourrait resurgir comme en 2008 avec
Deuxième étape : Les banques. Il faut les recapitaliser pour qu’elles absorbent cette décote de 50%. L’accord stipule qu’elles ont jusqu’au 31/06/12 pour trouver 106 milliards d’euros. Pour ce faire, nos banques françaises n’auront pas besoin de faire appel au marché, il leur 100 suffira de couper le dividende et/ou de se deleverager.
Troisième étape : le FESF. Ce fonds dont la force de frappe sera d’environ 1 000 Mds€ permettra de préserver à court terme la stabilité financière en Europe en fournissant une assistance financière aux États de la Zone Euro en difficulté économique.
Quatrième étape : l’union fiscale. Tous ont réitéré la nécessité de renforcer la gouvernance économique ainsi que la convergence budgétaire. Ce développement semble être indispensable à long terme et peut être la meilleure nouvelle du sommet même si c’est la moins précise…
En conclusion, ces mesures soulagent (temporairement) la Zone Euro de la chape de plomb qui pesait sur sa tête. La confiance pourrait revenir à court terme. Mais, en réalité, nous avons seulement acheté du temps et la réponse globale promise par les dirigeants n’a pas eu lieu. Dans ce contexte, nous conseillons de profiter de la récente hausse du marché pour alléger certaines valeurs cycliques. Sur la partie taux, nous avons profité d’opportunité sur le marché du crédit pour renforcer des signatures décotées offrant des taux de rémunération très attractifs pour des maturités courtes. Enfin, nous pensons qu’à 10,5x PE 2012 (le PE actuel de 9,5 x ajusté d’une baisse de 10% des attentes du consensus), le marché est bien valorisé. Un fort ralentissement économique en Europe en 2012 laisse peu de marge de manœuvre sauf à penser que les perspectives aux Etats-Unis et dans les Emergents s’améliorent significativement.