Quelle est concrètement et simplement la problématique grecque ? Ne pas confondre crise de liquidité et crise de solvabilité. La liquidité est un problème temporaire qui peut donc être traité avec des injections temporaires de liquidités. C’est la solution qui a été apportée voilà un an par le FMI et l’Union Européenne au travers d’injections de près de 110 Milliards d’euro. Cela n’a pas amélioré la situation car en réalité la Grèce souffre d’insolvabilité. Son manque de financement est structurel : en effet les recettes de l’Etat sont structurellement inférieures aux dépenses, avant même le service de la dette… Pour prendre une référence mythologique, la Grèce de ce point de vue ressemble au tonneau des Danaïdes.
Alors quelles sont les solutions ?
Instauration du “Fédéralisme Européen” : La solution que
préfèrent les marchés, mais qui implique une perte de sou- veraineté des Etats, car la politique économique des Etats serait décidée par l’Europe. Donc solution impossible à court terme.
Les Eurobonds, ou obligations européennes : Les obliga- tions émises par les états se feraient sous le label Européen. L’Europe dans son ensemble est une bonne signature avec un déficit budgétaire global de 4.5% et un endettement raisonnable. Ces obligations auraient l’avantage de réduire le taux de financement des pays en difficulté car leur risque serait mutualisé avec celui des pays plus solides… A l’inverse cela renchérirait le coût de financement des pays moteurs de l’Union, raison pour laquelle la France et l’Allemagne s’y opposent.
Renforcement du FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière), bientôt doté de 780 MdsEUR pour acheter des obligations d’Etat. Les cotisants potentiels rechignent …
La BCE rachète en quantité illimitée la dette des états en difficulté et baisse massivement les taux directeurs. L’orthodoxie de M. Trichet serait vraiment mise à mal.
Un défaut sur la dette grecque à hauteur de 50%. Le système bancaire européen serait ébranlé mais sans ris- que majeur.
La Grèce sort de l’euro : Scénario catastrophe pour les marchés. Risque systémique important et non quantifiable…
Aujourd’hui nous estimons que les valorisations des actions anticipent déjà un début de récession économique. Pourtant, il est difficile d’être agressif tant que le risque systémique subsiste. Nous restons donc à mi chemin entre un risque de récession déjà bien pris en compte et un risque exogène inquantifiable.