Peut-on vraiment parler d’argent... (31/3/11)

Avec l’aimable autorisation de la société de gestion DNCA Finance

A l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, nous ne connaissons toujours pas le nombre exact de victimes du tremblement de terre japonais et nous ne savons tou- jours pas si le monde va être confronté à la plus grande catastrophe nucléaire avec toutes les conséquences que l’on a du mal à vraiment imaginer.

N’est-il pas un peu indécent de parler de hausse ou de baisse des marchés quand on sait qu’un pays temple du capitalisme et troisième puissance mondiale vit dans l’angoisse du lendemain avec une dignité et une maîtrise de soi vraiment exemplaire ?

Nous analyserons donc brièvement tous les motifs qui pourraient faire baisser le marché et le rebond violent qui a pratiquement annulé la baisse. Les motifs de baisse et d’angoisse ne manquent pas. En voici quelques uns :

- Le vent de révolte du monde arabe méditerranéen et le chamboulement géopolitique qu’il engendre dans la zone. - Un prix du baril au dessus des 100$ du fait des instabilités dans les pays exportateurs (l’instabilité politique affecte des pays représentant 65% des réserves pétrolières mondiales).
- Le séisme au Japon avec un impact global sur la consommation en Asie du sud-est et un impact sur certains secteurs spécifiques comme l’automobile et l’électronique.
- Le resserrement monétaire dans les pays émergents conséquent à la surchauffe de l’activité et à la menace inflationniste.
- Les craintes sur les dettes des pays périphériques notamment au Portugal et en Irlande.
- Le niveau actuel des marges des entreprises européennes est élevé : le consensus est peut être trop optimiste et donc des révisions de résultats à la baisse sont maintenant plus envisageables qu’à la hausse…

Malgré tout cela, les marchés boursiers affichent des perfor- mances largement positives (+5% depuis le début de l’année) et la moindre correction semble être mise à profit pour se renforcer. Mais alors qu’est ce qui justifie une telle santé ? Les forces de rappel sont nombreuses : les marchés actions européens ont une valorisation attractive, il y a une abondance de liquidités dans le système (merci la Fed et son quantitative easing 2), les flux de capitaux se dirigent désormais vers les actions européennes et non plus vers les obligations et les émergents. Les marchés ne manquent donc pas de soutien et continuent d’ignorer toutes les incertitudes qui englobent l’environnement macro économique mondial. Mais la question est : pour combien de temps encore ?


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