Où va le monde ? (2/12/2011)

Avec l’aimable autorisation de DNCA Finance, d’H2O, de Mandarine Gestion

La semaine du 21 novembre a été marquée par une lourde rechute des marchés d’actions tandis que les marchés obligataires sont également restés très agités. Le spread France/Allemagne a presque atteint 2% avant de retourner sur son niveau du début de la semaine à 1,5%. L’euro a continué à s’effriter tandis que l’or refluait à 1726$ l’once. Le comité parlementaire américain a décidé de prolonger jusqu’en décembre ses dépenses publiques. La dette de l’Etat fédéral américain correspond à 99 % du PIB américain prévu par la Maison Blanche pour l’ensemble de l’année 2011. Il devra statuer sur la normalisation des dépenses. Une absence d’accord devrait peser certainement sur les marchés.

La semaine dernière a été dominée par les inquiétudes sur les dettes périphériques. Les taux italiens et espagnols ont atteint des sommets et les courbes se sont aplaties : les taux italiens par exemple se situent dans une fourchette de 7 à 7,5% sur toutes les échéances du 6 mois au 30 ans. La nouveauté vient des taux allemands qui ne trouvent plus preneurs à des niveaux inférieurs à 2%. En effet, l’émission obligataire allemande n’a été souscrite qu’à hauteur de 61%. C’est ce qui explique l’adjudication « ratée » conduisant à une hausse de 40bp du 10 ans sur une semaine à 2,30%. Le spread avec la France s’est réduit à 1,4%. Ce contexte, qui rend urgent une solution crédible et globale et qui augmente le risque d’explosion de la zone Euro, a entrainé à la baisse l’ensemble des marchés actions.

De plus, la semaine dernière a été caractérisée par une forte baisse de l’euro par rapport au dollar (1,33). Et sur le plan macro-économique, la croissance du PIB américain pour le 3ème trimestre a été révisée en baisse à +2% en rythme annualisé mais les ventes au détail du Black Friday ont affiché un niveau historique.

Depuis six semaines, le marché obligataire a commencé à se normaliser, affichant notamment une meilleure liquidité et révélant, de manière encore sporadique, quelques acheteurs sur des titres très décotés. Le Portugal par exemple s’est apprécié continument depuis 6 semaines, malgré la faiblesse des actifs risqués.

Dans ce contexte, les perspectives sont de deux ordres : sur la part obligataire , la normalisation a commencé, et la contribution à la performance devrait continuer à être positive, notamment si le plan d’échange de la dette grecque suit le programme annoncé la semaine dernière. Cette contribution s’accélèrera lorsque les investisseurs de long terme décideront d’investir à nouveau, probablement lorsque la volatilité commencera à baisser.

Déjà, les premières compagnies d’assurance ont commencé à annoncer leurs taux de rémunération servis pour 2011 sur leurs fonds en euro. La tendance semble être une rémunération inférieure à celle des années précédentes avec de grandes disparités de solvabilité et de solidité entre les différents établissements financiers. Nous pensons que la moyenne du marché français se situera autour de 3% avec des niveaux en-dessous de 2,5% pour certaines compagnies. Pour information, la moyenne du marché français en 2010 était de 3,30% (source FFSA). La question à se poser est celle du rendement en terme de pouvoir d’achat compte tenu du niveau actuel de l’inflation de l’ordre de 2% par an.

Sur la part actions , plusieurs investisseurs ont jeté l’éponge ces derniers jours, ce qui remet en cause les perspectives de rattrapage d’ici la fin de l’année. Nous pourrions même assister à une vague de capitulation dans les jours qui viennent, qui serait alors le prélude, là aussi selon le schéma de 2009, à une accélération du marché au premier trimestre de l’an prochain.

Nous attendons les décisions des gouvernements le 9 décembre prochain à Bruxelles dans un contexte de période électorale française… La création, comme le souhaiterait le France, d’un groupement de pays européens qui bénéficieraient d’un euro fort l’euro A dans lequel seraient la France, l’Allemagne, la Hollande… risque de renforcer le chômage en France, favoriser la baisse du marché actions et immobilier. Ce marché immobilier sera d’autant plus affaibli que la réforme des plus-values immobilières entre en application le 1/2/2012… L’euro B serait alors réservé aux pays européens du sud, les plus endettés pour lesquels les conditions de déficit budgétaire et de flottement de la monnaie seraient plus souples ; les possibilités de relances seraient alors plus faciles dans leurs économies.

La nouvelle année, un marché "nettoyé", et une économie mondiale en reprise modeste devraient alors permettre la pleine réalisation de ce potentiel. Compte tenu de ce contexte, en 2012, il faudra choisir ses valeurs financières avec attention et vigilance.


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